Quatre Vingt Six (ongoing since 2021)
L’autoroute A86 est la deuxième rocade de la région parisienne après le boulevard périphérique.
Bâtie de 1968 à 2010 dans les communes densément urbanisées de la petite ceinture, elle structure, fracture et relie des paysages et des espaces résidentiels, industriels, commerciaux mais aussi «naturels» et de loisir. Elle déroule un fil conducteur monumental, fait d’asphalte et de béton, une infrastructure brutaliste de 80 kilomètres à travers la région parisienne.
Comme pour tant d’habitants de la métropole, l’A86 occupe une place importante de ma vie banlieusarde.
En janvier 2021, j’ai entrepris d’en photographier les abords, en partant de Saint-Denis au Nord, et en la longeant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. J’ai découvert la beauté de ses ouvrages d’art, de ses murs anti-bruit et de ses couvertures, qui constituent un patrimoine urbain étonnant, entre l’architecture et l’ingénierie. J’ai observé les usages de l’espace, les terrains de sport, les vies précaires, la mendicité et les abris de fortune qui la longent.
Il me reste aujourd’hui à arpenter le segment de 20 kilomètres allant de Maisons-Alfort à La Courneuve.
The A86 highway is the second ring road in the Paris region after the Boulevard Périphérique.
Built between 1968 and 2010 in the densely urbanized cities of the Petite Ceinture, it structures, divides, and connects landscapes and residential, industrial, and commercial areas, as well as “natural” and recreational spaces. It unfolds as a monumental thread, made of asphalt and concrete, an 80-kilometer-long brutalist infrastructure stretching across the Paris region.
As for so many residents of the metropolis, the A86 plays an important role in my suburban life.
In January 2021, I set out to photograph its surroundings, starting from Saint-Denis in the north and following it counterclockwise. I discovered the beauty of its engineering structures, noise barriers, and overpasses, which constitute a remarkable urban heritage, straddling architecture and engineering. I observed how the space is used—the sports fields, the precarious lives, the begging, and the makeshift shelters that line it.
To this day, I still have to walk the 20-kilometer stretch from Maisons-Alfort to La Courneuve.